Juin 03

Synthèse des ateliers de consultation des parties prenantes et de validation d’une note conceptuelle d’un projet sur la résilience climatique à soumettre au Fonds Vert Climat (FVC)

  1. Introduction

Il s’est tenu les 14 et 18 mars 2019, deux (02) ateliers de consultation des parties prenantes et validation d’une note conceptuelle d’un projet sur la résilience climatique à soumettre au Fonds Vert Climat (FVC) àNdjaména. Une quarantaine de participants de différents secteurs (Ministères sectoriels, organisation de la société civile, les institutions de recherche, les partenaires techniques et financiers) y ont pris part.

 L’objectif de ces deux ateliers est (i) d’approfondir et d’élargir le processus consultatif avec les parties prenantes sur l’ambition affichée pour ce projet et la stratégie proposée pour sa mise en œuvre, (ii) procéder à la validation de la note technique.

L’ouverture a été faite par Mme Djangbeye Rebecca, Directrice adjointe de la Direction de l’Education Environnementale et de la Lutte contre les changements climatique (DEELCC), qui dans son mot d’introduction a souhaité la bienvenue à tous les participants. Elle a souligné l’importance particulière de cet atelier qui offre une opportunité pour le Tchad d’accéder aux financement du Fonds Vert Climat pour la mise en œuvre des actions destinées à la lutte contre les changements climatiques au Tchad.

Par ailleurs, elle a relevé que des efforts considérables ont été consentis par le Tchad et ses partenaires pour intégrer les changements climatiques dans les politiques et stratégies nationales et sectorielles. Elle a salué les appuis financiers remarquables de l’Union Européenne à travers le Projet AMCC-Tchad pour mettre en place les différents mécanismes de la gouvernance climatique. Elle a terminé ses propos en souhaitant plein succès aux travaux de l’atelier.

Après le mot d’ouverture de l’atelier, les participants ont mis en place un présidium composé de :

  • Présidente : Mme Djangbeye Rebecca, de la DEELCC
  • 1er Rapporteur : Mr Ayday Lintel, de l’ANAM
  • 2ème Rapporteur : Mr Ngabo Ganda de Lead Tchad

Un tour de table a été fait pour la présentation des participants à l’atelier suivi de la présentation et l’adoption de l’agenda après quelques amendements.

  1. Synthèse de l’atelier 1 sur la consultation des parties prenantes
  2. Présentation des objectifs et des résultats de la mission exploratoire

La première présentation est relative à l’objectif de l’atelier qui est d’approfondir et d’élargir le processus consultatif avec les parties prenantes tchadiennes sur l’ambition affichée pour ce projet et la stratégie proposée pour sa mise en œuvre. Il s’agit plus spécifiquement de : (i) présenter l’ébauche de la note conceptuelle aux parties prenantes tchadiennes, (ii) mieux circonscrire les zones d’interventions du projet, (iii) recueillir les observations et recommandations des parties prenantes tchadiennes, (iv) affiner l’approche et la stratégie du projet, ainsi que l’envergure et l’échelle des activités envisagées, (v) poursuivre la collecte d’informations sur la problématique et sur les zones d’interventions, (vi)mener des entretiens ciblés avec les acteurs locaux à travers leur représentation nationale, (vii) identifier les meilleurs arrangements institutionnels à mettre en place pour la mise en œuvre du projet et (viii) estimer les coûts associés aux activités retenues.

La deuxième présentation concerne le compte-rendu de la première mission exploratoire de consultation avec les parties prenantes nationale de décembre 2018. Cette mission a rencontré une cinquantaine de personnes représentant différentes catégories de parties prenantes (autorités centrales, services techniques, OSC, PTF, recherche, etc.). Elle a permis d’analyser la problématique de la vulnérabilité des communautés et des écosystèmes dans les zones semi-arides du Tchad. Cette mission a diagnostiqué les facteurs limitant du développement des systèmes de production agricoles (accès à l’eau, la dispersion des efforts qui réduit l’impact des interventions, le faible développement des services climatiques, le faible développement des systèmes de recherche agricole et de vulgarisation. La mission a ensuite recensé les innovations passées, récentes, cours ou en matière de la lutte contre les changements climatiques. Parmi ces innovations qui peuvent faire l’objet de réplication dans le cadre de ce projet, on peut citer les centres de service du projet PRIRT, les fermes agricoles communautaires intégrées du projet du projet Fleuve. La mission a inventorié de nombreuses interventions dont: AMCC-Tchad, P2RS, PARSAT, FLEUVE, PAPAT, ProPAD, PDDA/PNSIR, SISAAP, PDRLIAT, PIRPT, PRAPS, PASTOR, PREPAS, SECADEV, CONCERN Worldwide, DESIRA, LOCAL, PDRLIAT, PRODEPECHE, Laboratoire pour la Résilience au Tchad. Toutefois, une dispersion des efforts qui réduit l’impact des interventions a été notée.

  1. Travaux des groupes

Ensuite, les participants se sont repartis en trois (03) groupes dont les TDRs portaient sur les points ci- après : (i) décrire les vulnérabilités et les impacts des aléas climatiques dans les zones arides et semi-arides du Tchad, en s’inspirant de documents de référence comme la CDN, la SNLCC, PANA, (ii) décrire les principales causes profondes/barrières qui ont limité jusqu’ici la portée des interventions (d’ordres social, sexo-spécifique, fiscal, réglementaire, technologique, financier, écologique, institutionnel, etc.), (iii) recenser les initiatives innovantes (passées, actuelles ou en cours), (iv) décrire les composantes, les effets et les activités envisagées pour traiter les barrières susmentionnées et qui conduiront aux résultats attendus, (v) décrire comment les activités décrites dans la proposition vont se conformer au cadre réglementaire et juridique au niveau national et (vi) analyser les risques financiers et opérationnels et les mesures d’atténuation identifiées à ce stade.

Il est à retenir que l’exercice a permis aux participants d’être informés des procédures de formulation des projets, à savoir la détermination des problèmes, des barrières des solutions à travers la proposition des composantes, des effets et des activités des projets.

  1. Synthèse atelier 2 sur la validation de la note conceptuelle

L’atelier 2 du 18 mars a commencé par le rappel des activités de la journée du 14.

Cet atelier 2 a été également marqué par (i) la présentation de la matrice d’analyse des risques opérationnels et financiers, (ii) la présentation du draft de la note conceptuelle à partir des inputs fournis par les travaux de groupe de l’atelier 1, (iii) des  travaux de groupe dont l’objectif était de s’approprier du contenu du draft de la note conceptuelle, (ii) de proposer des amendements / enrichissements et de la valider.

  1. Analyse des risques opérationnels et financiers

Le consultant a passé en revue la méthode d’analyse du risque à savoir : le type de risque, la description de risque, le niveau des risques, la probabilité et les mesures d’atténuation. Il s’agit en effet des risques qui peuvent entraver la bonne marche du projet. L’analyse des risques est faite à travers une matrice portant les éléments suivants : (i) type de risque, (ii) description du risque, (iii) niveau du risque, (iv) probabilité de risque et (v) mesure d’atténuation.

  1. La présentation de la note conceptuelle

A la suite des travaux de groupe de l’atelier du 14 mars (consultations des parties prenantes), un draft de la note conceptuelle a été élaboré. La présentation a fait un focus sur les barrières suivantes qui ont été identifiées par les participants :

o          un cadre de gouvernance inadapté et peu performant face aux aléas climatiques,

o          de faibles capacités techniques et technologiques et un accès limité aux technologies,

o          un contexte social marqué par les conflits intercommunautaires liés aux règles coutumières de gestion du foncier et à la compétition quant à l’accès aux ressources en terres et en eau,

o          les difficultés financières et le faible accès au crédit.

A partir de ces barrières, trois composantes ont été proposées. Chaque composante comprend 2 à 3 « effets »

Composante 1 : Renforcement du cadre institutionnel de gestion des systèmes de production dans les zones semi-arides face à la variabilité et au changement climatique

Effet 1.1. Un programme de renforcement des capacités de gestion des risques climatiques dans les systèmes agro sylvo pastoraux des zones semi-arides est développé et mis en œuvre

Effet 1.2. Une revue des plans de développement locaux et des principales stratégies et politiques sectorielles (agriculture, élevage, foresterie) est effectuée en vue d’intégrer les risques climatique

Composante 2 : Renforcement de la résilience au changement climatique des systèmes agro-sylvo-pastoraux par la diffusion de stratégies et pratiques innovantes d’adaptation et l’amélioration de l’accès aux crédits

Effet 2.1 : Des pratiques agricoles et des infrastructures innovantes et résilientes au climat sont mises à l’échelle

Effet 2.2: L’accès aux services financiers pour soutenir le développement agricole est amélioré

Composante 3 : Gestion et valorisation des connaissances

Effet 3.1. Les conditions agro-météorologiques au niveau des sites du projet sont suivies et les besoins en information sont identifiés ; les prévisions météorologiques, y compris l’alerte précoce, sont élaborées, diffusées et utilisées par les communautés vulnérables pour soutenir une agriculture résiliente au climat.

Effet 3.3. Les leçons apprises sont documentées et partagées avec les décideurs, les communautés et les partenaires au développement.

Pour chaque composante et effet, un ensemble d’activités prioritaires à mettre à œuvre a été proposé.

  1. Travaux de groupe

Les participants ont été répartis en trois groupes.  Chaque groupe a traité une composante déterminée. Il a été demandé aux groupes (i) d’analyser la pertinence des composantes, des effets, et des activités proposés au regard des barrières retenues ; (ii) d’analyser les activités proposées (nombre, superficie…) ; (iii) d’estimer les quantités, et d’estimer les coûts.

  1. c) Discussions sur la zone d’intervention et l’intitulé du projet

Des discussions générales engagées sur le choix de la zone d’intervention du projet, il a décidé de ne pas retenir la région du Lac, notamment la partie occidentale compte tenu du niveau de risque et de la probabilité d’occurrence du risque liée à l’insécurité dans la zone (risque lié aux attaques terroristes de Boko Haram). La réunion a retenu la zone du Kanem et du Barh El Ghazal et la parte orientale de la région du lac.

Les participants ont, par ailleurs, retenu le titre du projet ci-après « Renforcement de la résilience au changement climatique des communautés locales et des écosystèmes dans les régions semi-arides du Tchad ». Il vise à renforcer la résilience du secteur agricole et des communautés rurales face aux effets négatifs du changement et de la variabilité climatique sur systèmes agro-sylvo-pastoraux.

  1. c) Validation de la note conceptuelle

Suite aux restitutions des travaux de groupe et des discussions générales, la note conceptuelle a été validée moyennant la prise en compte des observations faites par les participants.

A la fin de l’atelier un mot de clôture a été prononcé par la Directrice adjointe de la DEELCC.

Fait à N’Djamena, le 18 mars 2019

Les Rapporteurs

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